La norme IEC 62402 est préparée par le comité technique 56 de la Commission électrotechnique internationale, celui de la sûreté de fonctionnement. Sa deuxième édition, publiée en 2019, annule et remplace la première, parue en 2007.
Comment l'IEC 62402 définit-elle l'obsolescence ?
La norme définit l'obsolescence comme le passage d'un élément de l'état disponible à l'état indisponible auprès du fabricant, conformément à la spécification d'origine (article 3.1.12). Les notes qui accompagnent la définition élargissent le champ : l'arrêt peut venir de la fin de la production, mais aussi de la fin d'un service, du support d'un logiciel ou d'une matière transformée.
La spécification d'origine peut prendre plusieurs formes selon la norme : un plan, une fiche technique, une norme, une spécification écrite ou une simple liste de mots-clés et de propriétés. Un composant peut donc fonctionner parfaitement sur l'équipement et être obsolète au sens de la norme : la définition porte sur l'approvisionnement.
Qu'est-ce qui a changé entre l'édition 2007 et l'édition 2019 ?
L'avant-propos de l'édition 2019 liste trois changements techniques. Le document est désormais rédigé comme une norme comportant des exigences, et non plus comme un guide d'application. Les recommandations pratiques restent, mais en annexes informatives. Enfin, le texte décrit un processus général, valable pour toutes les technologies et tous les éléments.
Conséquence pratique : un cahier des charges peut désormais citer l'IEC 62402 comme référentiel à respecter, et un auditeur peut vérifier des exigences, pas seulement des bonnes pratiques.
Que doit contenir une démarche conforme ?
Le domaine d'application de la norme énumère les activités attendues :
- une politique de gestion de l'obsolescence ;
- une infrastructure et une organisation ;
- un plan de gestion de l'obsolescence (OMP, obsolescence management plan) ;
- des stratégies pour limiter l'obsolescence dès la conception ;
- le choix d'une approche de gestion ;
- le choix des solutions et leur mise en œuvre ;
- la mesure et l'amélioration des résultats.
La plupart de ces activités partent de la même information : la liste des composants utilisés, par produit, avec leur fabricant et leur référence fabricant.
Approche proactive ou réactive : comment choisir ?
La norme décrit deux approches (articles 9.4 et 9.5). L'approche réactive traite l'obsolescence quand elle se présente : un avis de fin de production arrive, ou une commande revient sans suite. L'approche proactive surveille les composants jugés à risque et prépare la réponse avant que l'avis ne tombe. La norme consacre une partie au choix entre les deux, et la définition de l'achat pour la durée du besoin précise que l'approche peut varier selon la phase du cycle de vie.
Selon les données publiées par Z2Data en mars 2026, 621 909 références de composants sont devenues obsolètes en 2025, et 323 286 d'entre elles, soit 52 %, sans notification préalable du fabricant. Une démarche uniquement réactive, qui attend l'avis pour agir, découvre donc une partie des obsolescences au moment de la commande.
Quelles solutions la norme prévoit-elle ?
Le chapitre 10 de l'IEC 62402 classe les réponses en cinq familles :
- Le même élément : puiser dans le stock existant, c'est-à-dire les pièces disponibles dans la chaîne d'approvisionnement et en magasin qui peuvent être affectées sans requalification (article 3.1.6) ;
- L'achat pour la durée du besoin (life of need buy, anciennement appelé lifetime buy) : acheter de quoi couvrir la vie de l'équipement, ou jusqu'à la prochaine mise à niveau planifiée ;
- Les substituts : un élément équivalent ou un élément alternatif, deux notions que la norme distingue ;
- L'émulation et la rétro-ingénierie : produire un élément qui conserve la forme, l'ajustement, la fonction et l'interface de l'original ;
- La modification de conception : changer l'équipement pour ne plus dépendre du composant.
L'achat pour la durée du besoin suppose de connaître la consommation et la durée de vie restante. Le substitut suppose de savoir juger une équivalence, sujet traité dans notre article sur la cross reference. La modification de conception suppose de connaître tous les produits où le composant est monté.
De quelles données a-t-on besoin pour appliquer la norme ?
La norme raisonne en niveaux d'indenture, notion reprise de l'IEC 60050-192 : système, sous-système, ensemble, composant. Pour appliquer le processus, il faut pouvoir descendre et remonter ces niveaux. Concrètement, quatre jeux de données sont nécessaires :
- les nomenclatures, pour savoir quel composant entre dans quel ensemble ;
- le rattachement de chaque article interne à une ou plusieurs références fabricants, écrites de façon homogène ;
- le statut de chaque référence (active, en fin de vie, remplacée) et l'historique des remplacements ;
- les équivalences déjà étudiées, avec leur justification.
Ces données sont dispersées : les nomenclatures dans le PLM ou l'ERP, les statuts dans les portails des fabricants et des distributeurs, les équivalences dans des tableurs personnels. Les rapprocher revient à pouvoir lancer un cas d'emploi depuis la référence d'un avis.
ZAFIR relie ces exports dans un graphe où chaque référence porte ses liens de nomenclature, ses remplacements et ses équivalences notées, ce qui donne la liste des ensembles touchés dès qu'une référence est annoncée en fin de vie.
Questions fréquentes
La norme IEC 62402 est-elle obligatoire ?
Comme les autres normes internationales, elle est d'application volontaire. Elle devient exigible quand un contrat, un marché ou un cahier des charges la cite. Depuis 2019, elle est rédigée avec des exigences vérifiables, ce qui facilite ce type de référence contractuelle.
Quelle différence entre obsolescence et fin de production ?
La norme définit la fin de production (EOP) comme la date d'arrêt de la fabrication, et l'avis de fin de production (PDN) comme la notification de cet arrêt par le fabricant. L'obsolescence est plus large : elle couvre aussi la fin d'un service, d'un support logiciel ou d'une matière.
Faut-il un logiciel dédié pour gérer l'obsolescence ?
La norme n'en impose pas. Elle exige un processus, un plan et des mesures. Un outil devient utile quand le nombre de références et de produits rend impossible le suivi à la main des liens entre composants, produits et remplaçants.