Les fournisseurs de la défense rencontrent le NNO dans les marchés, les bordereaux et les demandes de données techniques. C'est un système de correspondance entre références de fabricants, tenu en commun par plusieurs pays.
Comment se lit un NNO ?
Le livret « Comprendre la codification OTAN » du Centre d'identification des matériels de la défense (CIMD) décompose le numéro en trois parties :
- les 4 premiers chiffres forment le groupe-classe : le groupe 84 correspond par exemple aux vêtements et équipements individuels, et la classe 8430 aux chaussures pour homme ;
- les 2 chiffres suivants sont le code du pays qui a créé le numéro : 14 pour la France ;
- les 7 derniers chiffres sont attribués aléatoirement par le système.
Le livret précise qu'un NNO peut changer de groupe-classe, mais pas ses 7 derniers chiffres. La classification peut évoluer ; l'identifiant, lui, reste stable.
Qui attribue les NNO en France ?
Le CIMD est le bureau national de codification français. Organisme interarmées rattaché à l'état-major des armées et installé à Bruz, en Bretagne, il pilote le catalogage des articles de ravitaillement des armées françaises et représente la France au comité international compétent, l'AC/135. En France, les services des armées, les sociétés agréées par le CIMD et le personnel du CIMD ont le droit de codifier.
La base internationale, le NMCRL, contenait environ 19 082 000 NNO actifs à la date du livret (octobre 2025). Le CIMD indique que la France est le deuxième pays producteur de NNO, après les États-Unis.
Pourquoi un NNO plutôt que la référence du fabricant ?
Un article de ravitaillement correspond à un besoin logistique unique, donc à un NNO unique. Plusieurs fabricants peuvent répondre à ce besoin. Chacun est identifié par un code NCAGE (NATO Commercial and Government Entity), et chaque référence est enregistrée sous le NNO sous forme d'un couple fabricant et référence, que la codification appelle GFR.
Le livret cite l'interchangeabilité parmi les avantages : le NNO propose des sources d'approvisionnement alternatives. Autrement dit, c'est une table de cross reference tenue selon des règles communes à plusieurs pays, avec, sous chaque numéro, les caractéristiques techniques, les fournisseurs et l'indication d'une référence obsolète ou non.
Comment se déroule une codification ?
Le CIMD décrit cinq phases : collecter les informations (référence, entreprise, nom de l'article, documentation, plan ou fiche technique), trouver la bonne dénomination, en déduire la classification, enregistrer la référence avec son code NCAGE, puis décrire l'article en répondant au questionnaire associé à la dénomination. Ce questionnaire porte sur des caractéristiques précises, comme les dimensions relevées sur les plans, chacune identifiée par un code.
La règle d'attribution est fixée par les accords du système : l'article est codifié par le pays concepteur, celui qui détient l'autorité de conception, même s'il est fabriqué ailleurs. Si ce pays ne peut pas codifier, c'est le premier pays utilisateur autorisé qui le fait.
Que retenir pour un référentiel interne ?
Trois principes de la codification OTAN se transposent à une base articles d'industriel ou de distributeur :
- séparer l'identifiant, stable et sans signification, de la classification, qui peut changer (voir la codification des articles) ;
- rattacher plusieurs références de fabricants à un même besoin, avec l'identité de chaque fabricant ;
- décrire chaque article avec un questionnaire propre à sa dénomination plutôt qu'avec un libellé libre.
Pour un fournisseur, cela veut dire aussi tenir la correspondance entre ses codes internes, ses références et les NNO sous lesquels ses pièces sont connues de ses clients de la défense, ce qui prépare le maintien en condition opérationnelle.
D'où vient la codification OTAN ?
Le livret du CIMD rappelle son origine. Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux articles existaient dans les circuits d'approvisionnement sans être disponibles, faute d'une identification correcte, ce qui empêchait de réparer les équipements à temps. Les États-Unis ont créé en 1952 le Federal Catalog System. La ratification des accords de standardisation STANAG 3150 et 3151 a ensuite donné naissance au système OTAN de codification, sur la base du système américain, avec un bureau national dans chaque pays membre. Le premier NNO français a été créé pour le programme Alouette II. Une clause de codification a ensuite été ajoutée dans tous les marchés, rendant la codification obligatoire pour tous les matériels.
ZAFIR traite le NNO comme une référence de plus rattachée à un article, et retrouve la pièce, ses remplacements et ses équivalences à partir du numéro qu'un client de la défense communique.
Questions fréquentes
NNO et NSN, est-ce la même chose ?
Oui. NNO, pour numéro de nomenclature OTAN, est le terme français ; NSN, pour NATO Stock Number, est le terme anglais. Les deux désignent le même numéro à 13 chiffres.
Qu'est-ce qu'un code NCAGE ?
C'est le code OTAN qui identifie la source d'une référence : entreprise, concepteur, fabricant, entité publique, organisation internationale ou norme. Chaque pays a sa propre structure de NCAGE.
Tout matériel des armées doit-il être codifié ?
Selon le logigramme du CIMD, les matériels utilisés en opérations doivent l'être, les autres peuvent l'être, et certains peuvent ne pas l'être, comme les articles classifiés secret ou plus, ou ceux qui ne font pas partie du programme de maintenance.