Le terme vient de la défense, où il désigne une fonction entière avec ses budgets, ses contrats et ses indicateurs. Ses définitions officielles citent les pièces de rechange en toutes lettres.
Que recouvre le MCO ?
La fiche de la Cour des comptes sur le concept de MCO le définit comme l'ensemble des moyens et procédures nécessaires pour qu'un matériel reste, au long de sa durée d'utilisation, apte à l'emploi qui lui est assigné. Elle distingue deux fonctions :
- le soutien technique : la maintenance proprement dite, la gestion de configuration, qui suit l'évolution de la définition technique des matériels, et la tenue à jour des référentiels techniques, avec l'analyse du retour d'expérience ;
- le soutien logistique : l'approvisionnement des rechanges, leur maintenance, leur magasinage et le ravitaillement des unités et des ateliers en pièces de rechange.
Le rapport d'information du Sénat du 2 octobre 2024, présenté par Dominique de Legge, reprend une définition proche et cite explicitement la fourniture de pièces et rechanges, leur maintenance et la logistique afférente.
Combien coûte le MCO ?
Selon ce rapport, les coûts de MCO représentent en moyenne entre 45 % et 60 % du coût de possession global des matériels sur leur cycle de vie, d'après les informations transmises au rapporteur. Entre 2014 et 2023, le coût moyen du MCO terrestre est resté stable (moins 1,6 %), tandis qu'il a augmenté de 29,8 % pour le MCO naval et de 24,2 % pour le MCO aéronautique.
Les rechanges figurent dans les objectifs contractuels. Le rapport cite le marché de MCO des chars Leclerc notifié en 2021, qui fixe un objectif de disponibilité des pièces de rechange de 80 % pour le parc régimentaire et de 95 % pour le parc dédié aux opérations extérieures.
Quel est l'état de la disponibilité ?
L'indicateur de disponibilité technique opérationnelle (DTO) mesure le nombre de matériels effectivement disponibles par rapport au nombre nécessaire pour atteindre les objectifs fixés aux armées. Le rapport indique qu'à fin 2022, sur les 21 matériels structurants suivis par l'indicateur, 2 avaient une DTO supérieure à 90 %, et 12 une DTO inférieure à 75 %, dont 2 en dessous de 50 %.
Pourquoi les matériels anciens coûtent-ils plus cher à maintenir ?
Le rapport décrit une courbe en U, dite en baignoire : la maintenance est plus exigeante pour les matériels jeunes, dont il faut régler les défauts de jeunesse, et pour les matériels vieillissants, pour lesquels les obsolescences sont nombreuses et les pièces détachées difficiles à se procurer. Il note que l'entretien simultané de matériels anciens et neufs est l'un des principaux enjeux du MCO naval.
Sur un matériel en service depuis vingt ou trente ans, chaque composant arrêté par son fabricant doit être traité : dernière commande, substitut, reproduction ou modification, selon les options décrites par la norme IEC 62402.
Où les données de rechange bloquent-elles ?
Les deux fonctions du MCO se rejoignent sur les données. La gestion de configuration dit quelle version de quel ensemble est montée sur quel matériel. Le soutien logistique doit fournir la bonne pièce pour cette version. Entre les deux, plusieurs questions reviennent :
- quelle référence remplace celle qui figure dans la documentation d'origine (voir la chaîne de remplacement) ;
- sous quel NNO la pièce est connue, et quelles références de fabricants y sont rattachées (voir lire un NNO) ;
- quelle nomenclature de service correspond au niveau d'intervention (voir eBOM, mBOM, sBOM) ;
- quels équivalents ont déjà été acceptés, et sur quelle justification.
Que change la verticalisation des contrats ?
Le rapport du Sénat décrit la « verticalisation » ou « globalisation » des contrats, annoncée en 2017 par la ministre des armées Florence Parly dans le cadre du plan de modernisation du MCO aéronautique, et amorcée dès le début des années 2000 dans la marine. Elle consiste à confier à un maître d'œuvre principal, par des contrats de longue durée, l'intégralité du soutien d'un parc : chaîne logistique, chaîne technique et chaîne de maintenance, à charge pour lui de gérer les interfaces avec ses sous-traitants. Le rapport cite les flottes Rafale, Mirage 2000 et A400M, les hélicoptères Tigre et Fennec, les frégates multi-missions et les chars Leclerc parmi les matériels concernés.
Le maître d'œuvre tient alors les objectifs de disponibilité des pièces, avec les références, les remplacements et les obsolescences de tous ses sous-traitants.
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Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un contrat de MCO verticalisé ?
Selon le rapport du Sénat, il confie à un maître d'œuvre principal, par un contrat de longue durée, l'intégralité du soutien d'un parc : chaîne logistique, chaîne technique et chaîne de maintenance, à charge pour lui de gérer les interfaces avec ses sous-traitants.
Quelle différence entre MCO et maintenance ?
La maintenance est une partie du MCO. Selon la Cour des comptes, le MCO comprend aussi la gestion de configuration, la tenue des référentiels techniques et tout le soutien logistique des rechanges.
Qu'est-ce que la DTO ?
La disponibilité technique opérationnelle rapporte le nombre de matériels effectivement disponibles au nombre nécessaire pour remplir les objectifs fixés aux armées par les contrats opérationnels.